Entretien avec Vito Dell'orto (deuxième prix dans la catégorie « Singles BSPF )

©Vito Dell'orto

Entretien avec Vito Dell'orto (deuxième prix dans la catégorie « Singles BSPF )

Parlez-nous un peu de vous et expliquez-nous comment vous vous êtes intéressé à la photographie de rue.

Je suis né en 1976 à Catane, en Sicile, et j'ai grandi dans une petite ville appelée Giarre. L'amour m'a conduit à Séville, en Espagne, où j'ai vécu pendant dix ans. Je suis retourné en Sicile et j'enseigne désormais les technologies dans un collège.

J'aime la photographie depuis mon enfance, lorsque je regardais les vieux albums de famille, en particulier ceux de mes grands-parents qui vivaient à Addis-Abeba, en Éthiopie. Vers 26 ou 27 ans, la photographie est devenue un besoin quotidien pour moi. Elle a changé ma façon de voir le monde et les gens.

Pour moi, la photographie ne consiste pas seulement à immortaliser des moments, mais aussi à exprimer mes sentiments et mes idées. J'aime la photographie de rue, car elle me permet de voir la vie quotidienne sous un nouveau jour, en utilisant les couleurs, les formes et la lumière pour raconter des histoires et montrer la beauté.

Comment décririez-vous votre style de photographie de rue ?

Mon style ne se limite pas au documentaire, j'aime créer une vision abstraite de la réalité. J'utilise le cadrage, le timing et la perspective pour changer la façon dont les gens perçoivent une scène. Je me concentre sur les formes, les lignes, les couleurs et la manière dont les éléments s'articulent dans la photo pour exprimer des émotions et des idées. Pour moi, la photographie de rue est aussi un mode de vie. Sortir sans plan précis, prêt à découvrir quelque chose de spécial dans l'ordinaire.

Qui ou quoi vous inspire dans votre photographie ?

Je trouve l'inspiration dans beaucoup de choses, comme les livres, les films et la vie quotidienne. Mes élèves m'inspirent également par leur créativité.

J'admire des photographes tels qu'Alex Webb, Saul Leiter, Harry Gruyaert, Gueorgui Pinkhassov, Franco Fontana, Daniele Pesaresi et bien d'autres encore. Ils m'ont tous aidé à voir le monde sous différents angles, notamment grâce à leur utilisation de la couleur et de la composition.

Est-il facile de faire de la photographie de rue là où vous vivez ? Comment les gens réagissent-ils lorsque vous les photographiez dans les espaces publics ?

J'ai vécu dix ans à Séville, où les gens sont plus détendus et où il est plus facile de prendre des photos dans la rue. En Sicile, les gens sont souvent plus méfiants, voire parfois agacés, quand on les prend en photo.

Il est plus facile de prendre des photos pendant les événements ou les festivals en Sicile, car les gens se concentrent sur la fête et ne prêtent pas attention à l'appareil photo. Mais les jours normaux, j'essaie d'être prudent et respectueux lorsque je prends des photos.

À quoi ressemble une journée typique de photographie de rue pour vous ?

Je prévois généralement de sortir lorsque la lumière est intéressante, surtout en fin d'après-midi. Je marche beaucoup, j'observe les gens et j'attends le bon moment. Parfois, je retourne plusieurs fois au même endroit, car je veux mieux le comprendre et y trouver de nouvelles histoires.

J'essaie d'être ouvert et patient, prêt à découvrir quelque chose de nouveau chaque jour.

Quel type de matériel utilisez-vous pour la photographie de rue et pourquoi ce matériel en particulier ?

J'utilise un appareil photo numérique car il est rapide et facile à transporter. Je préfère les objectifs qui me permettent de travailler rapidement et discrètement, généralement un objectif standard ou grand angle. Cette configuration me permet d'être prêt à tout moment sans déranger les gens.

Parlez-nous de votre photo gagnante.

Cette photo fait partie d'un projet intitulé « Transit Tales », consacré à la gare routière Plaza de Armas de Séville. Pendant plusieurs années, je suis retourné à cette gare à maintes reprises. J'en connaissais chaque recoin et savais à quels moments la lumière était la plus chaude et la plus belle. La lumière de l'après-midi rendait ces moments simples tout à fait spéciaux.

Les visages des gens racontaient des histoires d'espoir, de solitude ou de connexion. La gare était comme une scène où les gens se rencontraient et se séparaient, chacun avec sa propre histoire. À travers cette série, je souhaite montrer ces petits moments humains que nous manquons souvent dans notre vie trépidante.

Comment êtes-vous entré en contact avec le BSPF ?

J'ai découvert BSPF recherchant les festivals importants consacrés à la photographie de rue. J'ai apprécié le fait que ce soit un lieu où des photographes du monde entier partagent leur travail.

J'ai également été très impressionné par le fait que certains juges soient des photographes que j'admire, comme Harry Gruyaert. Savoir qu'ils verraient mes photos m'a donné envie de participer.

Qu'est-ce que le BSPF et le fait d'avoir remporté le deuxième prix signifient pour vous et pour votre carrière de photographe de rue?

Remporter le deuxième prix au BSPF un grand honneur pour moi. Cela montre que mon travail est apprécié par des personnalités importantes dans le domaine de la photographie.

Cela me donne davantage confiance et m'encourage à continuer d'explorer et d'évoluer en tant que photographe. Cela m'aide également à partager ma vision avec un public plus large.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu'un qui débute dans la photographie de rue ?

Soyez patient et continuez à vous entraîner. Apprenez à observer attentivement et à comprendre la lumière et la composition. N'ayez pas peur de retourner plusieurs fois au même endroit. Respectez les gens et essayez de vous connecter à l'instant présent. N'oubliez pas que la photographie de rue ne consiste pas seulement à prendre des photos, mais aussi à raconter des histoires.

Date :
20.1.2026
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